Expériences des limites dans la littérature et le cinéma tunisiens post 2011
Résumé
L’Événement politique de la révolution tunisienne a donné libre cours à un imaginaire foisonnant dans la littérature et le cinéma produits par une nouvelle génération d’artistes qui tend vers l’expérience et l'expérimentation. Que ce soit dans une écriture à dimension documentaire ou fictionnelle, ce qui en ressort, ce sont des expériences limites telles que dans Révulsion de l'œil (2021) de Aymen Daboussi dont les œuvres conçoivent la révolution comme une expérience du corps où la folie et le sexe sont incorporés dans le texte comme esthétique déroutante. De même, dans les films de Aleeddine Slim tel que Sortilège (2020), la dimension expérimentale annonce un décrochage et une ouverture à travers des lignes de fuite. L’article interroge le lien entre ces univers, où le corps se débat avec ses propres limites, et l’idée même d’une révolution d’abord organique. L’immersion dans ces univers, avant tout esthétiques, établit un lien d’incorporation en termes de jouissance de l’Evénement historique. Ce dernier réactive la possibilité de l’expérience grâce à ce qu'il ouvre comme nouvelles temporalités.